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-Entretiens avec Bernard Murat
-de Collector


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Brive aujourd’hui et Brive demain : tel pourrait être le sous-titre de cet ouvrage dans lequel Bernard Murat nous offre son regard sur sa ville, à la lumière de son expérience et de ses analyses. Tous les thèmes qui concernent le présent et l’avenir de la cité gaillarde, et de son agglomération, sont ainsi passés en revue.
272 pages (19.00 Euros).
 
 au bon de Commande
: Quantité
-L'Auteur : Collector




collector
Les éditions Écritures présentent :

Entretiens avec Bernard Murat




Brive aujourd’hui et Brive demain : tel pourrait être le sous-titre de cet ouvrage dans lequel Bernard Murat nous offre son regard sur sa ville, à la lumière de son expérience et de ses analyses. Tous les thèmes qui concernent le présent et l’avenir de la cité gaillarde, et de son agglomération, sont ainsi passés en revue.

Afin que rien ne soit oublié, ce sont pas moins de sept personnes qui ont formé « Collector » pour interroger au nom des Brivistes celui qui a bien voulu être leur « grand témoin » :


– Maxime Bournazel, membre des Jeunes Populaires, président de « Tous pour Brive et Brive pour Tous », chargé de clientèle dans les assurances ;
– Michèle Geneste, conseillère municipale d’opposition de Brive-la-Gaillarde, technicienne chez Photonis, syndicaliste, juge au Conseil de Prud’hommes ;
– Marc Sably, journaliste, éditeur de deux titres de la presse hebdomadaire régionale ;
– Alain Londeix, journaliste, ancien responsable départemental du quotidien Centre-Presse, correspondant permanent du Figaro ;
– Françoise Mourigeau, ancienne directrice de la Maison heureuse à Brive, vice-présidente de Fidélité gaulliste ;
– Pierre-Yves Roubert, ancien directeur de cabinet de Jean Charbonnel, romancier (Pier Bert), écrivain public et formateur ;
– Gilles Simbert, chargé de communication à l'Office HLM de Brive de 1996 à 2002, collaborateur de Bernard Murat de 2002 à 2008, cofondateur (2008) puis président (2011) de l'association Brive Envie.

Les droits d’auteur de ce livre seront reversés au Comité Corrèze de la Ligue contre le cancer.

Photo de couverture : © Christophe Géral.
 
-La Vie de Province
-de Pier Bert


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Ce roman se veut un regard sur la vie dans la province de France à l’aube du deuxième millénaire ; une vie d’une extrême douceur quand on la compare à ce qu’elle était dans le reste du monde à la même époque.
400 pages (20.00 Euros).
 
 au bon de Commande
: Quantité
-L'Auteur : Pier Bert




Atzori
Les éditions Écritures présentent :

La Vie de Province



Scénario du livre

Première partie

Un jeune homme d’avenir (diplômé, marié, responsabilisé) quitte la région parisienne pour une ville moyenne où il a été recruté par le député-maire. Toutes les conditions semblent réunies pour qu’il soit heureux, mais il découvre :

– les contraintes de la vie de province ;

– le délabrement de la fonction publique ;

– les pièges du mariage ;

Malgré les pesanteurs, il fait tout pour sauver sa conscience professionnelle et sa famille. Il n’y parvient que grâce aux charmes de Brive-la-Gaillarde et de sa région, charmes qui sont aussi bien les cheveux de Diane de Lostanges que les lacs de Corrèze.

Deuxième partie

Il finit par quitter la mairie de Brive, mais décide de rester en Corrèze. Il tente alors sa chance dans la musique, en donnant des cours et en se produisant dans les lieux où l’on veut bien l’accueillir. Ce faisant, il découvre Tulle, l’autre ville de la Corrèze et tout ce qui l’oppose à Brive ; et le poids des regards et des étiquettes.

Son couple tient toujours, mais ce n’est pas sans difficultés, d’autant qu’il a retrouvé Diane de Lostanges à Tulle (elle lui interdit de lui parler de la mairie), et qu’elle le fascine toujours autant. Elle demeure insaisissable. Alors qu’il s’apprête à commettre l’irréparable, Flo, sa femme, vient le chercher à Tulle et le ramène à Brive.

Troisième partie

Elle obtient alors de lui qu’il accepte un emploi de journaliste qu’on lui propose. Il y consent, mais cela ne suffit pas à sauver le mariage. Il se résout au divorce. Il s’efforce de rester père, tout en retrouvant une solitude qui ne lui fait pas peur.

Avec son travail de journaliste, il découvre le monde de la presse et de nouveaux personnages de province. Après quelques mois de repli, et à la suite d’une rencontre fortuite avec Diane de Lostanges dont il a du mal se défaire, il recherche des compagnies féminines. Mais trop habité par quelques idéaux (aussi bien Flo que Diane), il n’envisage pas autre chose que des passades. Du coup, quand Sylvestre lui propose de venir travailler à Paris, il hésite à regagner la capitale. Le fera-t-il ?



Extrait (début du prologue)

« Au début du XXIe siècle, Brive-la-Gaillarde, France, était une ville préservée de l’insécurité, des embouteillages et des soucis climatiques. Comme en plus elle était animée, riche, reliée à Paris, à l’océan et aux montagnes, on pouvait dire que c’était un lieu où il faisait bon vivre. Certes, au sein de cette douceur, régnait un conformisme formé de grosses voitures, de téléphones, d’écrans, de modes et de rituels marchands. Et, comme ailleurs, les crétins, les irresponsables et les fâcheux étaient omniprésents ; mais enfin, dans ce cadre, on les pouvait supporter.  
Il restait des ruelles pour éviter les postillons, des villages à portée pour apprécier la nature, des relais et châteaux pour des moments de romance. On pouvait habiter au centre sans redouter la délinquance, sortir le soir et trouver un pub, du monde et de la musique. Ici, l’espace et la civilisation, ressources en voie d’extinction, se conjuguaient dans des proportions appréciables.

Il faut dire que la combinaison des atouts géographiques et de l’activisme municipal avait, depuis la décentralisation initiée en 1982, transformé les villes de la province française à un point tel qu’elles offraient une qualité de vie meilleure que celle de la capitale, même pour des salariés habitués aux loisirs et aux divertissements. Signe des temps, plus aucun producteur n’envisageait un spectacle sans une tournée en province, dans des équipements qui offraient des possibilités de mise en valeur parfois supérieures à celles de Paris. Et, pour les restaurants, les hôtels, les cinémas, les complexes sportifs, les instituts de beauté, les hôpitaux, les lycées, n’importe quelle préfecture de l’Hexagone surclassait la plus belle ville du monde en ces matières onéreuses.
Brive, cinquante mille habitants intra-muros, cent mille avec l’agglomération, n’était pas à la hauteur des métropoles régionales, mais enfin ce n’était pas un trou. J’y croisai des intelligences, deux ou trois personnages, quelques aventuriers. La ville pouvait se targuer de scientifiques, d’entrepreneurs, d’athlètes et d’écrivains. Des pointures y venaient, y revenaient, ou y passaient, à l’occasion d’une de ces manifestations au cours desquelles on les traitait comme des rois.

Je n’avais jamais aimé les grincheux qui lançaient d’un air supérieur qu’il ne se passait rien en ce lieu. Au siècle dernier, quand nous étions arrivés en Bas-Limousin, nous avions été étonnés, Flo et moi, de l’animation dans ce que nous pensions être une bourgade avec du crottin sur la route. Qu’on trouvât à Brive, la Gaillarde, le premier salon du livre de France, des Orchestrades universelles, une saison théâtrale, des cafés concerts, des galeries de peinture, des congrès, des entreprises qui exportaient, un avion et un train pour la capitale, fut une heureuse surprise. Parisiens pendant plusieurs années, nous étions victimes d’un malencontreux nombrilisme, qui cessa comme par enchantement dès notre déplacement vers le Sud-Ouest qui, s’il était français, n’était pas désert.  Je découvrais qu’il était des endroits, donc des individus, que je ne connaissais pas, et que cela ne signifiait pas qu’ils n’existaient pas.

Je réalisai au fil des mois que ceux qui critiquaient la ville étaient des émigrés – on est un émigré en province quand on ne vit pas dans la commune où l’on est né –, frustrés par leur vie d’employé ou de cadre. Les directeurs et les patrons se plaignaient moins. Ceux-là savaient qu’on a la vie sociale qu’on mérite. Peut-être aussi cherchaient-ils moins à s’intégrer.

Ah, s’intégrer, le maître mot… Ce besoin d’osmose, de fusion, de communion… Mais qu’espéraient-ils, les mutés, les embauchés, les promus ? L’amour libre ? Une « fête des voisins » chaque jeudi ? La présidence des Restos du cœur ? Il ne se passait pas une semaine sans des matchs, des foires, des spectacles, pas un mois sans un événement, pas un jour sans un imprévu. Ils n’y allaient pas et ils critiquaient.

S’ils voulaient participer et ne pas se contenter d’assister, les possibilités ne manquaient pas non plus. Il suffisait d’ouvrir le guide pratique et le journal municipal. Ils n’avaient qu’à choisir le thème, le domaine et cliquer sur une souris. Ils pouvaient aussi se rendre aux pots de Brive-Accueil, aux permanences des élus, aux forums machins-choses. Et si ce qu’on leur proposait ne convenait pas à leur ego, rien ne les empêchait de créer et de proposer à leur tour. Certains d’ailleurs passaient à l’acte ; l’invulnérable loi de 1901 permettait tout ou presque, elle était la soupape qui évitait la guerre civile au pays.

Les nouveaux-venus et les Corréziens de souche se rejoignaient sur un point : le désir de possession. La plupart ne pensaient qu’à devenir propriétaires, d’une maison, d’un jardin, d’une piscine, d’une autre maison. La perspective me faisait frémir. Je ne voyais dans ces avoirs que charges, soucis et immobilisation. Une limitation de l’horizon. Un emprisonnement.

Je voulais d’autant moins de pierres et de pelouses, de murs et de lopins à mon nom, que la Corrèze entière était à ma portée. De même que le Lot et la Dordogne. Bois et forêts, étangs et lacs, chemins et allées, j’avais tout, en quantités infinies ! Des milliers d’hectares disponibles vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, entretenus pour moi par des bataillons de jardiniers, forestiers, ingénieurs, pisciculteurs ! J’avais même des bancs, des tables, des jeux et des plages ! Il me suffisait de choisir, de guider mes pas en fonction de mon temps et de mes envies. La Corrèze, que dis-je la Corrèze, le Sud-Ouest m’appartenait ! Mieux encore, il m’attendait. Des balises, des cartes, des dépliants m’y invitaient. Ses ressources étaient si colossales que, quand bien même je m’y serais promené tous les jours jusqu’à ma mort, je n’aurais jamais fini de le découvrir et de m’émerveiller.
 
J’aimais la Corrèze non pas comme une mère que je n’aurais pas choisie, mais comme une femme dont je serais tombé amoureux. M’aimait-elle ? Je ne le savais pas et cela ajoutait à sa séduction. La Corrèze avait pour moi les parfums de l’exil. Pourtant, je m’y sentais mieux que sur ma terre d’origine, sans doute parce qu’elle ne comptait pas trop d’exilés, et pas trop d’autochtones.

Si je me disais Corrézien, j’avais cessé de me sentir Français depuis que les héros des jeunes et des journalistes de ce pays étaient des grévistes qui bloquaient les trains, depuis que les chaînes financées par l’État intronisaient des imbéciles et des insolents aux heures de grande écoute, depuis que mes concitoyens plaçaient sur le même plan un terroriste et un président, depuis que les hommes et maintenant les femmes roulaient à cent kilomètres-heure en ville et à moins d’un mètre de la voiture qui les précédait sur l’autoroute.

Je n’avais rien de commun avec ces irresponsables et ces privilégiés qui conduisaient leur pays à l’enfer. Comme je ne me sentais pas davantage Italien, Ouzbek ou Coréen, et que je savais que l’on ne pouvait rien contre une civilisation qui se suicidait, je n’étais plus guère concerné par les gesticulations des habitants de la terre. Passé une certaine tristesse consécutive à la découverte de mon isolement, j’avais gagné de cette exclusion des us et des abus du monde une insouciance qui me sauvait.

Comment ne pas devenir fou ? Comment, faute de sens, trouver une raison de se lever le matin ? Mes viatiques étaient au nombre de quatre : gagner ma croûte, éduquer mes enfants, aimer une ou deux femmes, jouer du piano. Autrement dit, le travail, la paternité, le plaisir, la musique. Si j’avais été riche, stérile, asexué, manchot, je n’aurais pas survécu. Je n’aurais pas supporté de rester au bord de la route, quand bien même la route, les conducteurs et les directions ne me convenaient pas. Ma différence, avec ce qu’elle impliquait de solitude et d’incompréhension, m’aurait condamné. »





 
 
 
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