_ Charles Ceyrac Le plus beau villageois de France |
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titres disponibles dans thème André Lalande : droit fil dans la trame de l'Histoire De O’Cleer à Le Clere Il s’appelait Philippe Le coup du sort, une biographie de Pierre Roques (1925-1994) Aux hommes qui LEHM |
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S’il n’avait pas été agriculteur, père de famille nombreuse, éleveur, maire, conseiller général, président de Conseil général, député, administrateur de sociétés, spécialiste de la noix, président d’associations, de syndicats intercommunaux, bateleur et voyageur, Charles Ceyrac aurait pu être, en plus d’inventeur ou de couturier, au choix : avocat « parce qu’il plaide bien, et qu’il cherche à excuser les gens. Il ne blesse pas. Il veut voir le côté positif de chacun (Gérard Bardy) » ; médecin de campagne, « il nous aurait soigné avec ses mots (Denis Conus) » ; restaurateur, évidemment ; directeur de communication, doué de talents innés, commercial, de très bon niveau. Et sans doute bien d’autres choses : l’ardeur au travail, l’habileté et la sincérité sont des atouts qui servent quels que soient les métiers.
… il n’a jamais pris les chemins que lui indiquait l’époque : il se fait paysan au moment où la France se reconstruit par l’industrie et les services, il prône la vie au village tandis que quatre-vingt pour cent des Français s’installent dans les agglomérations urbaines, il est de droite quand la mode est à gauche, chiraquien quand ils ne sont qu’une poignée à revendiquer le label. Pendant la guerre, il n’a été ni grand résistant ni sale collabo, ni pétainiste ni gaulliste. Bref, il n’a jamais suivi les modes ou essayé de surfer sur de quelconques vagues. Le sport ne le passionne pas et la culture l’ennuie. Cette indépendance est sa force et montre que sa nature est telle qu’il serait sans doute apte à se jouer des normes en vigueur à un moment donné. Il est à souhaiter que des Charles Ceyrac puissent exister encore. Des atypiques, des originaux, qui créent eux-mêmes leurs rôles et n’attendent pas qu’on leur attribue une place où d’autres feraient tout aussi bien l’affaire. Des gens inespérés, mais dont on a besoin.
Charles Ceyrac me répétait souvent : « Je vous ai dit oui pour le livre, pensant que j’allais mourir bientôt et qu’il ne paraîtrait qu’après ma mort. » Mais le temps passait et mon travail avançait. Mi-inquiet, mi-enchanté, il me taquinait « Vous tenez vraiment à publier mon histoire ? » Je confirmais. Le 29 janvier 1998, lors de notre avant-dernière rencontre, il me dit de nouveau : « Attendez ma mort, ce sera mieux. Un livre de son vivant, vous vous rendez compte ?
– Vous vous priveriez d’un grand bonheur. De toutes façons, vous relirez mon texte.
– Vous ne serez pas trop gentil au moins ?
– Vous verrez.
– Écoutez : dans trois mois, je serai mort.
– Mettons-nous d’accord : je publie dans trois mois. Si vous êtes encore vivant, tant pis pour vous.
– Ça va. »
Romancier - Le Quart Sud-Ouest, Le moi de la femme - biographe du général André Lalande - Droit fil dans la trame de l’Histoire (Prix Robert Joseph de l’Association des Écrivains combattants) - Pierre-Yves Roubert a voulu dresser le portrait de Charles Ceyrac pour retrouver les fragments et les composantes d’un destin hors du commun. Il est allé très au-delà de l’image connue de l’homme public et il a construit son texte de manière tout à fait originale : en commençant par la fin et en terminant par le début. « Je suis parti de ce que je voyais, pour remonter, déduire, rechercher, glaner, tout au long des entretiens que nous avons eus, des informations, des bribes, qui permettraient de reproduire ce kaléidoscope que je subodorais, même si, on le sait, les combinaisons ne se peuvent jamais reproduire à l’identique. » Il fallait un personnage exceptionnel pour se prêter à une approche risquée. Le résultat de la rencontre est admirable : le temps d’un livre, l’écrivain s’est hissé à la hauteur de son héros. |
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